ATTIEKE
TRANSFORMATION DU MANIOC EN ATTIEKE
Dérivé de la transformation de la racine de manioc, l’attiéké est une sorte de semoule ou de couscous hydraté. La production de l’attiéké nécessite la mise en place d’un mécanisme depuis l’approvisionnement en manioc jusqu’à la commercialisation du produit finit. Le manioc récupéré est ensuite épluché et découpé en morceaux. Les opérations de broyage et de pressage sont mécanisées. La fermentation consiste à conserver la pâte pressée pendant un certain moment (8 h) avant le pressage. Le tamisage, le grainage et la cuisson permettent d’obtenir le produit dérivé (l’attiéké).
L'épluchage et découpage en morceaux
La première étape de la transformation du manioc en attiéké consiste à enlever l’écorce du tubercule à l’aide d’un couteau avant de procéder au découpage en petits morceaux puis au lavage : 2 ou 3 lavages suffisent à les rendre propre. Ces deux opérations sont faites manuellement par 2 à 4 personnes selon la quantité de manioc à transformer
Le broyage est une opération mécanisée qui s’effectue dans un moulin. Le broyage consiste à moudre les morceaux de manioc pour obtenir une pâte.Le ferment est trempé dans de l’huile de palme raffinée avant d’être ajouté au manioc concassé dans le moulin. Par endroits, on ajoute l’huile de palme au manioc concassé pendant le broyage. La pâte obtenue est conservée dans des sacs pendant de longues heures en vue de la fermentation. C’est alors qu’on utilise des sacs dans lesquels la pâte est renversée pour la faire presser afin d’éliminer l’eau.
Le pressage et le Tamissage
Le pressage dure 20 à 30 minutes et se fait à l’aide d’une presseuse. La pâte obtenue est utilisée pour le placali ou pour la fabrication de l’attiéké. Le tamisage qui intervient par la suite consiste à tamiser la pâte déshydratée pour obtenir des grains qui seront étalés au soleil pour le séchage. Le tamisage permet de faciliter la formation des grains qui seront utilisés pour la cuisson. Pour faciliter le tamisage, les femmes divisent la pâte en petites quantités.Le tamisage d’une bassine remplie de pâte déshydratée dure 20 à 30 minutes.
LA PREPARATION
Les foyers traditionnels sont utilisés pour faire cuire l’attiéké. La cuisson est faite essentiellement par des jeunes filles qui sont employées comme main-d’œuvre. Au total, la production de l’attiéké est un travail acharné qui nécessite le courage et la détermination des femmes.
LA CONSERVATION ET LA COMMERCIALISATION
Les circuits de commercialisation de l’attiéké sont de deux ordres : le circuit court et le circuit long.
La circuit court concerne la commercialisation de l’attiéké au niveau de la ville. La transformation a pour clientèle les vendeuses de rue. L’attiéké est aussi vendu sur les marchés ruraux qui se tiennent une fois par semaine ou dans le village.
Le circuit long concerne l’acheminement de l’attiéké vers Abidjan, la capitale économique du pays, où l’attiéké un grossiste fidélisé est chargé de la vente et dans les pays de la sou région (Burkina Faso, Mali). Dans ce circuit, l’attiéké est commercialisé dans des paquets. Le conditionnement de l’attiéké dans du plastique permet de lutter contre l’humidité et favorise une bonne conservation. Cependant, l’emballage en plastique peut céder à tout moment, occasionnant des dégâts et des pertes énormes.
